14 mars

par augmortimer

On n’a pas eu de grandes surprises hier. On aurait bien voulu, pourtant, mais tout s’est déroulé comme prévu, comme si la vie glissait le long de rails bien huilés. Pas une parole plus haute que la précédente, pas une larme, pas de tension ni de crise, non, calme absolu, mer d’huile et encéphalogramme plat.

Parfois je regrette les cris, la rage, les mots qui blessent. Ces gros morceaux d’émotions qu’on se balance à la gueule parce qu’on ne sait pas comment dire qu’on s’aime – ou que l’on ne s’aime plus. Depuis quand vit-on dans le royaume des faux-semblants? Les apparences se sont peu à peu cristallisées jusqu’à remplacer la réalité.

J’aimerais te dire que je n’ai plus besoin de toi, qu’en vérité, je ne t’ai jamais voulu dans ma vie. Mais ces phrases sont archi-congelées dans ma gorge. Il n’y a qu’en rêves qu’elles ressortent, humides et sales après avoir passé tant de temps dans la glace.

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